Pendant longtemps, nous avons répété à nos enfants une phrase qui semblait
aller de soi.
« Fais de bonnes études, trouve un bon métier et tu auras une belle carrière. »
Pendant des décennies, cette promesse était réaliste.
On choisissait une profession, on développait son expertise et, bien souvent, on exerçait essentiellement le même métier pendant 30 ou 40 ans. Les outils évoluaient, mais la profession demeurait la même.
Je ne suis plus certain que ce soit encore vrai.
Depuis la pandémie, une statistique me revient constamment en tête.
Le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum prévoit que 59 % des
travailleurs devront suivre une démarche de requalification ou de perfectionnement d’ici 2030, tandis que près de 40 % des compétences actuellement utilisées au travail évolueront ou deviendront désuètes.
Quand je lis ces chiffres, je ne pense pas d’abord à mon entreprise.
Je pense à mes deux garçons.
Mon plus vieux termine son cégep.
Mon plus jeune approche de la fin de son secondaire.
Comme tous les parents, je souhaite qu’ils trouvent un travail qui les passionne et qu’ils puissent bâtir une belle vie.
Toutefois une question me hante.
Sommes-nous réellement en train de les préparer au monde qui les attend… ou continuons-nous de les préparer au monde que nous avons connu?
Je ne remets absolument pas en question le travail exceptionnel des enseignants.
Je me demande simplement si la vitesse à laquelle nous enseignons est encore
compatible avec la vitesse à laquelle le monde change.
Il y a quelques jours, un de nos blogueurs invités, Francis Gosselin publiait un
excellent billet sur les profondes transformations économiques que nous vivons.
Son texte rappelle que nous ne traversons pas une simple période de changement: nous sommes en train de redéfinir durablement le marché du travail. Cette réflexion m’a frappé parce qu’elle rejoint exactement les conversations que j’ai chaque semaine avec des dirigeants d’entreprise.
Et si le véritable défi n’était plus de préparer quelqu’un à un métier, mais de le préparer à apprendre plusieurs métiers au cours de sa vie?
Je crois que plusieurs jeunes qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail devront apprendre, désapprendre et réapprendre continuellement.
Pour plusieurs professions, il ne sera plus surprenant de devoir acquérir une nouvelle spécialité, voire se réinventer complètement, tous les trois à cinq ans.
Non pas parce qu’ils auront échoué.
Parce que leur environnement aura changé.
C’est une différence fondamentale.
D’ailleurs, Harvard Business Review rappelle que les organisations les plus performantes ne peuvent plus miser uniquement sur l’acquisition de nouvelles compétences à la mode. Elles doivent développer une véritable capacité d’apprentissage continu, capable d’évoluer avec les transformations du marché.
Autrement dit, la compétence la plus importante n’est peut-être plus la programmation, le marketing, la comptabilité ou le droit.
C’est la capacité d’apprendre rapidement.
Je suis convaincu que les compétences qui feront réellement la différence seront profondément humaines.
L’esprit critique.
La créativité.
La curiosité.
La communication.
La collaboration.
L’adaptabilité.
Le jugement.
Et surtout, l’envie d’apprendre toute sa vie.
Ces compétences permettent d’utiliser les nouvelles technologies au lieu de les subir.
Voilà pourquoi je crois que nous devons commencer à mesurer notre réussite autrement.
Un diplôme restera toujours une immense réussite.
Toutefois, il ne devrait plus être considéré comme la ligne d’arrivée.
Il devient le point de départ.
Le véritable avantage concurrentiel de nos enfants ne sera probablement pas leur premier diplôme.
Ce sera leur capacité à apprendre le prochain.
Puis le suivant.
Et encore le suivant.
Peut-être que la plus grande responsabilité de notre système d’éducation n’est plus seulement de préparer les jeunes à leur premier emploi.
Peut-être est-elle de leur donner le goût et les outils pour apprendre toute leur
vie.
Parce que dans le monde qui se dessine devant nous…
Le diplôme ouvre une porte.
La capacité d’apprendre les ouvrira toutes.
Président et Chef de la vision





